L'entente est morte
FREDERICTON - Cible de critiques virulentes au Nouveau-Brunswick et source de dissension au sein des libéraux de Shawn Graham, le controversé projet de vente d’Energie Nouveau-Brunswick à Hydro-Québec est finalement tombé à l’eau.
Le coup final, qui sonne le glas de l’entente, est toutefois venu non pas du Nouveau-Brunswick, où la grogne se faisait entendre, mais du Québec.
Dans un communiqué de presse émanant du bureau du premier ministre Jean Charest, on explique que la société d’Etat québécoise considère que certains actifs devant faire l’objet de la transaction auraient nécessité davantage de réinvestissements que ceux prévus à l’origine.
Hydro-Québec aurait avisé le Nouveau-Brunswick que les conditions de vente n’étaient plus satisfaisantes et les deux parties ont convenu d’annuler le projet.
En point de presse à Québec, M. Charest a expliqué qu’après la vérification en détail des actifs, il préférait renoncer à l’entente plutôt que d’en conclure une qui ne serait pas dans l’intérêt du Québec.
Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Shawn Graham, a confirmé l’annulation de l’entente de 3,2 milliards $ mercredi matin, à la législature.
« Au cours des dernières semaines, alors que nous nous efforcions de faire de l'entente énergétique un document juridique à part entière, un certain nombre d'enjeux ont fait surface. Hydro-Québec a demandé que des modifications soient apportées à l'entente. Ces modifications réduisaient au-delà des limites acceptables les avantages de l'entente pour les Néo-Brunswickois et augmentaient certains des risques que ces derniers devaient porter », a affirmé M. Graham
La vente initiale de 4,75 milliards $ annoncée l’an dernier incluait la transmission et la distribution des actifs d’Energie Nouveau-Brunswick.
Après négociations, cette entente avait été revue à la baisse à 3,2 milliards $, pour l’acquisition de 10 centrales électriques.
«Aujourd'hui c'est une victoire pour les gens du Nouveau-Brunswick et une victoire pour la démocratie parce que les gens ont dit “non” au premier ministre et aujourd'hui l'entente est révoquée », a lancé le chef de l'opposition, David Alward, en réponse à la fin de l'entente entre Québec et Fredericton.
M. Alward a toutefois terminé son propos en affirmant que le statu quo n'est pas acceptable.
Une position partagée par le gouvernement Graham, mais une option de l'opposition est toujours attendue.
«C'est inacceptable d'avoir une opposition qui est prête à critiquer, mais qui n'est pas prête à offrir une option», a lancé Shawn Graham en réponse aux attaques de l'équipe Alward.
Le premier ministre affirme que la transaction est annulée en raison d'un échec aux négociations entre Québec et le Nouveau-Brunswick. Cependant, M. Graham soutient toujours que l'entente aurait été bénéfique pour tous les Néo-Brunswickois.








